Lettre ouverte aux membres du Cercle Front Syndical : syndicalistes patriotes, militants attachés avant tout à la question sociale et à la souveraineté

Une ligne politique limpide et constante car l’offre politique doit convaincre sur ses fondamentaux mais en aucun cas s’adapter à la demande. Le général de Gaulle n’a pas demandé son avis au Français pour savoir s’il devait traverser la Manche…

Le Cercle Front Syndical a toujours lié la défense du modèle social français – préservation des acquis sociaux et droit social – à la défense de l’État-nation. Par conséquent, nous avons toujours clairement dit qu’il était indispensable de recouvrer notre souveraineté nationale pleine et entière, dont la maîtrise de notre monnaie. La dénonciation des politiques menées depuis plus de 40 ans, toujours dans la droite ligne des directives de l’Union Européenne, est évidemment au cœur de notre combat.

C’est bien le monde du travail, et en premier lieu les salariés qui subissent de plein fouet les ravages de ces politiques mortifères européistes : saccage de notre économie et de nos industries, délocalisations, austérité accrue et baisse du pouvoir d’achat, déréglementation du travail et en ce moment attaque sans précédent contre le Code du Travail avec les ordonnances sur la Loi Travail XXL.

Privilégier la cohésion sur la cohérence en politique, c’est déchaîner les démons de la division, car la cohésion se fait sur le dos du bouc émissaire et ce cercle infernal ne connaît pas de limite…

Défendre du bout des lèvres ou même simplement penser que l’on peut rénover l’Union Européenne de l’intérieur, comme le dit aujourd’hui tout haut Bernard Monot, c’est simplement tourner le dos aux classes populaires et à l’ensemble des salariés comme aux petits patrons. Tous ceux qui sont les vrais acteurs de l’économie réelle. Dans ce cas l’édifice idéologique s’écroule et la cohérence s’envole car bien sûr ce n’est qu’un début… Le Front National ne s’intéresse plus qu’à une chose, la cohésion de ses membres, et d’abord du petit cercle des fidèles parmi les fidèles, entres les intimes, les intouchables et les infaillibles. Une coterie surannée entre mystique populiste du chef et placebo sur le grand écart de la ligne politique : quelle cohérence entre une ligne sociale qui serait maintenue ? Mais incarnée par qui au sein du Front ? Et un retour à l’orthodoxie économique d’une droite libérale binaire : moins de tracasseries administratives pour les patrons et une réforme profonde de l’UE ! 40 ans que l’on nous sert cette mauvaise soupe et le Front National va se joindre à la ronde avec désormais sa seule spécificité anti-immigrés bien diabolisante quand elle chemine seule sans perspective positive. Certes, l’on n’emmène pas sa patrie à la semelle de ses souliers, mais encore faut-il présenter des perspectives crédibles afin de juguler le flux de migrants en leur redonnant le goût de la sédentarité sur leur sol.

Le couple démocratie-discipline est toujours en équilibre instable dans un parti politique, mais au Front National il n’y a ni démocratie interne ni discipline.

Depuis le début de son binôme avec Marine, les proches de la Présidente et les « historiques » du parti n’ont jamais intégré Florian, toujours considéré avec suspicion, comme dans une famille une « pièce rapportée » avec laquelle pactiser serait trahir. Après le second tour des présidentielles, Florian Philippot fût victime d’accusations très récurrentes de la part des autres vice-présidents. Sa ligne est sans arrêt attaquée par des allusions, des petites phrases de moins en moins insidieuses et de plus en plus ouvertement critiques jusqu’à son bol alimentaire ! Pendant tout ce temps et singulièrement après le second tour des élections présidentielles, Marine n’a jamais fait preuve d’autorité pour faire cesser cette petite musique du dedans, alimentée en dehors du Front par la nébuleuse des droites libérales conservatrices et identitaires. Florian n’a pourtant rien lâché alors que ce doit être de ces adversaires qu’il faut craindre des attaques. Marine, après avoir accepté la création de l’association des Patriotes – un think-tank conçu à la base pour ouvrir le débat sur la refondation appelée de ses vœux dès le soir du second tour des présidentielles – sera officiellement ce qui vaudra à Florian de se voir retirer ses délégations de vice-président. Autrement dit, il était invité à inaugurer dorénavant les chrysanthèmes du parti. Ainsi, la refondation, mot valise bien commode, cachait en fait une reprise en main de l’appareil du parti par les fidèles et son verrouillage intégral.

Le seul organe élu démocratiquement, en dehors de la présidence, réside dans le comité central du Front National, jamais convoqué depuis l’accession de Marine à la présidence du parti. Sophie Montel n’est pas passée en commission de discipline mais a simplement été victime du fait du Prince. Dominique Bourse-Provence a été limogé de son poste de secrétaire départemental du 94 par un coup de fil de Jean-Lin Lacapelle le 7 juillet, assénant avec la mauvaise foi du vendeur de savonnette la soi-disant raison de son éviction. Nicolas Bay, pourtant secrétaire général, n’était pas au courant ni même informé ! Les anecdotes de ce type sont légions. La verticalité est partout à l’œuvre sans la moindre horizontalité mais non sans mépris pour le travail accompli. De surcroît et comme pour ajouter à la confusion et aux signaux négatifs, les quelques règles qui régissent les relations verticales au sein du parti sont tenues pour quantité négligeable par ceux-là même qui sont censés les appliquer. Le népotisme règne en maître et court-circuite sans cesse l’ordre des choses. Il y a la règle d’une part et la réalité d’autre part, une réalité dominée par la culture paternaliste et matriarcale, ce qui n’est absolument pas contradictoire en l’espèce, contrairement à ce qu’enseigne l’anthropologie.

Une culture politique qui génère fatalement des coucous dont on peut apprécier l’opportunisme mais qui n’ont pas la colonne vertébrale du Président des Patriotes. D’autres fusibles de plus petites dimensions sauteront mais eux resteront dans le giron, vice-président sans fonction… Vaches sans train…

Le Cercle Front Syndical rejoint Les Patriotes comme l’homme va à la fontaine

Ce manque de cohérence idéologique, cette absence de démocratie politique en interne, cette indiscipline manifeste sont les éléments objectifs qui ont fait adhérer le Cercle Front Syndical au nouveau parti Les Patriotes.

La ligne sociale qui est nôtre, mais aussi l’ouverture à tous les champs disciplinaires et sociétaux fût incarnée dans le Front National pendant 7 ans par Florian Philippot et tous ceux qui partageaient ses convictions : des cadres comme Sophie Montel, Joffrey Bollé, Bertrand de la Rochère, Philippe Murer, Mickaël Sala, de nombreux militants du Front, parmi les plus conscients. C’est dans ce cadre que furent développés les collectifs du Rassemblement Bleu Marine. Justement pour brasser des idées et faire adhérer ou simplement voter des citoyens intéressés par une thématique particulière mais par ailleurs assez éloignés de la vie politique. Il s’agissait de faire tomber les murs notamment médiatiques qui nous enserraient diaboliquement dans un passé révolu que la bien-pensance de tous les renoncements convoquaient à intervalles réguliers pour jeter sur nous le discrédit. Bien au-delà du cercle étroit des identitaires et des questions fondamentales de l’immigration et du souverainisme – même si ces dernières sont plus que légitimes. Mais à l’heure d’internet et des réseaux sociaux, il ne faut s’interdire aucun sujet, rien n’est tabou et un mouvement politique doit permettre, s’il ambitionne d’arriver aux affaires, d’ouvrir les vastes champs de la modernité.

Un départ du Front National sans invectives, sans aigreurs ni regrets mais sans vergogne aucune            

En effet, le travail militant fût toujours l’unique monnaie d’échange des quelques distinctions reçues par Laurent Bras, secrétaire départemental adjoint du 41, et Dominique Bourse-Provence, rédacteur en chef de la « Lettre en Capitale », secrétaire départemental du 94, rédacteur et coordinateur du programme Front National aux élections régionales et élu au conseil régional en décembre 2015.

Le Cercle Front Syndical souhaitait porter la voix des syndicalistes patriotes et de tous les salariés au sein du front National, peut-être rétrospectivement non sans une certaine naïveté. Ceci s’est avéré impossible, malgré deux tentatives de Florian Philippot – et alors que l’espace politique existait indiscutablement          pour que des syndicalistes membres du Front National s’adressent au monde salariés par la voix des leurs, relayant et développant ainsi la ligne macrosociale de Florian dans les médias. Après une certaine ouverture – De La Tocnay nous invitant à nous exprimer à l’université d’été de Marseille et à deux colloques traitant du syndicalisme – mais ce n’était qu’une parenthèse, ce que nous comprimes bien vite, lorsqu’un silence pesant accompagnait toujours nos demandes pour marquer dans les faits la prise en compte politique de cette volonté timidement affichée. Le dernier communiqué du Cercle Front Syndical est passé sur le site des Patriotes (avant le 21 septembre, date où Florian Philippot quitte le FN), alors que pas un seul de nos communiqués n’a été diffusé sur un seul site national du FN, et ce depuis la création du Cercle Front Syndical il y a 3 ans.

Notre départ n’est pas une trahison mais la conséquence de nos efforts répétés sans le moindre résultat tangible.

Plusieurs tentatives ont été faites pour essayer de faire évoluer le Cercle Front Syndical en véritable collectif national : le Collectif des Salariés de France. Sans succès. Pourtant, nous étions prêts. Nanterre n’a toujours laissé qu’un espace à minima, et jamais national, sans expression et relais nationaux au Cercle Front Syndical. Les seuls espaces étant dans le Loir-et-Cher qui a servi de laboratoire concluant, parce que Laurent y était SD adjoint, un peu dans le 94, grâce au poste de SD du 94 tenu par Dominique, un peu à Saint-Nazaire, et par-ci par-là dans certains départements. Un relais a été possible sur un site national comme Riposte Laïque (non sans quelques commentaires désobligeants). Sans plus, autant dire un écho dérisoire des problèmes sociaux du monde du travail.

Nous avons toujours dû compter sur nos propres forces pour exister : en témoigne le tract du 8 mars 2016 pendant la campagne présidentielle, intitulé « Marine, la voix des femmes tout naturellement ». Tract qui devait être relayé nationalement mais qui ne l’a pas été. Pire, un cadre national du FN a bloqué sa diffusion dans un département. On peut aussi remarquer la quasi inexistence de relais nationaux de nos actions sur le terrain, tant en 2016 contre la Loi El-Khomri, que sur la Loi Travail XXL en ce moment, allant jusqu’à condamner la participation de Florian Philippot à la manifestation parisienne contre la Loi Travail XXL, le 12 septembre. À ce stade, il est évident que les éléments les plus néo-libéraux ont pris ou gardé la main sur la direction et donc sur la ligne du FN. Ils ne veulent pas qu’une expression de syndicalistes patriotes portant la question sociale à son juste niveau puisse s’exprimer.

Ainsi, les faits têtus nous firent comprendre courant 2016, par la force des choses, que ceux qui tiennent l’appareil n’avaient pas changé, ils avaient juste plié sous le vent, mais ils aspiraient au retour à l’ordre et aux délices de l’entre soi, loin du syndicalisme, rien de nouveau depuis Pierre Poujade… À la différence de la position concernant l’avortement – bien que très récemment encore une musique bien rétrograde s’est faite entendre sur ce point-là aussi ! À l’évidence, autant l’on ne donne pas à boire à un âne qui n’a pas soif, on ne réalise pas une révolution culturelle dans un parti qui structure son encadrement à partir d’une résistance aux changements. Donc intransigeance sur les conceptions sociétales, morales et syndicales mais géométrie variable sur l’économie, l’UE et la sortie de l’euro… Vaste programme dont on peine à voir l’épine dorsale.

Le Cercle Front Syndical fidèle à ses principes et sa ligne tout entière dans la question sociale pour plus de justice sociale et de développement économique s’engage dans le nouveau parti Les Patriotes aux côtés de Florian Philippot, car il nous apparaît le plus à même de faire passer nos idées et notre combat. Ce faisant, nous ne trahissons personne car nous ne sommes pas fidèles à un acteur politique ni même à un parti mais à une ligne idéologique et politique qui fait de la puissance le meilleur outil de la politique sociale de la Nation, et de la cohérence programmatique la meilleure arme à terme de conquête du pouvoir.

Aujourd’hui, l’association Les Patriotes transforme ses statuts en parti. Il s’agit de continuer le combat hors du Front National puisqu’il n’est plus possible de le poursuivre au sein du Front National. Dès 2012, sans nous connaître, Laurent Bras et Dominique Bourse-Provence avons rejoint un parti qui affichait une belle cohérence idéologique, un parti encore un peu sulfureux, certes, mais qui était sur une vraie dynamique avec l’ambition affichée de gérer les affaires de la France. C’est dans ce contexte que le 1er mai 2015, Dominique a créé le Cercle Front Syndical au sein de la fédération de Paris du Front National. Il fut très vite rejoint par Laurent, dont la détermination n’a jamais faibli depuis lors. Dans un même mouvement, nous avons adhéré à l’association Les Patriotes dès le début. Un lieu d’échanges et de débats pour aider à la refondation du Front National, pour faire entendre notre voix, inaudible jusqu’à présent, et faire également des propositions sur l’absence de démocratie interne.

Notre combat pour constituer un véritable mouvement social, populaire, souverainiste, laïque, rassembleur n’est malheureusement plus possible au sein du Front National. C’est pourquoi, fidèles à nos convictions, en particulier sociales, nous avons décidé de démissionner du Front National plutôt que d’en être exclu pour double appartenance.

Nous continuons le combat au sein de « Les Patriotes » qui est donc devenu, par la force des choses, un mouvement politique. Nous vous engageons à nous rejoindre au sein de Les Patriotes.

Bien évidemment, le Cercle Front Syndical demeure, avec deux membres des Patriotes à sa tête, mais aussi des militants du Front National et des syndicalistes patriotes non encartés. Bref, tous ceux qui mettent la question sociale aussi au cœur des priorités et qui considèrent que la souveraineté nationale et le combat contre l’Union Européenne sont indissociables de la préservation du modèle social français que nous tenons de nos aînés et que nous devons dans ses grands principes remettre, comme un trésor vivant, à la génération de nos enfants.

Dominique Bourse-Provence, membre de « Les Patriotes », Président du Cercle Front Syndical, élu groupe Les Patriotes, région IDF, ex-SD du FN94

Laurent Bras, membre de « Les Patriotes », secrétaire général du Cercle Front Syndical, ex-SD adjoint du FN41

10 Octobre : les fonctionnaires se mobilisent contre l’austérité, le cercle Front syndical est à leur côté

Le 10 Octobre, tous les agents publics et les fonctionnaires  sont appelés à faire grève. Dans un texte commun, les Fédérations CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, UNSA et Solidaires de la Fonction Publique dénoncent une série de « mesures négatives » qui « s’accumulent » pour les fonctionnaires, et qui, selon elles, « vont impacter fortement et négativement » leur pouvoir d’achat et donc qu’elles jugent « inacceptables »  Cet appel unitaire de toutes les organisations syndicales est du jamais vu depuis 10 ans.

Le gouvernement Macron, en bon petit soldat européiste applique à la lettre les directives de l’Union Européennes : austérité accrue, gel du point d’indice, augmentation de la CSG, moyens en baisse permanent, et missions de plus en plus dévoyées.

Le cercle Front syndical se situe résolument du côté des défenseurs du service public et de ses agents. Policiers, pompiers, personnels de santé et de l’administration pénitentiaire, enseignants, postiers… l’ensemble des fonctionnaires d’état, de la territoriale et hospitalières : tous ont un rôle important à jouer aux services des Français et dans le redressement de l’autorité et de la puissance de l’Etat, donc de la Nation.

Les agents des services publics, les fonctionnaires ne veulent plus être la variable d’ajustement des politiques d’austérité et ultralibérales imposées par l’Union Européenne.  Seul le retour à une souveraineté nationale mettra un terme aux logiques de déréglementation venant de Bruxelles et des puissances financières, que le gouvernement Macron met en place.

C’est pourquoi, le cercle Front syndical, les syndicalistes patriotes, appelle l’ensemble des agents des services publics, les fonctionnaires  à se mobiliser le 10 Octobre et seront présents dans les syndicats où nous sommes.

Dominique Bourse-Provence, Président du cercle Front syndical, Conseiller régional  Île-de-France

Laurent Bras, Secrétaire général du cercle Front syndical, Les Patriotes 41