Loi Travail XXL : une loi qui remet en cause les fondements sociaux de la nation

Les syndicalistes doivent combattre La Loi Travail XXL qui est une loi antisociale

En tant que syndicalistes, nous devons combattre la Loi Travail XXL, comme nous avons combattu la Loi El-Khomri en 2016. Cette loi, de teneur néo-libérale, profondément injuste socialement, visant à réformer le Code du Travail, ne cherche qu’à l’anéantir et va à l’encontre du droit social et de l’intérêt des salariés.

Il est clair que cette Loi Travail N°2, en fait Loi Travail XXL, est dans la continuité directe de la Loi Macron / El-Khomri de 2016 : une loi  de déréglementation du monde du travail, de casse sociale, qui vise à détricoter le Code du Travail.  Inutile de revenir en détail sur les méfaits sociaux de cette loi, ils sont largement connus (voir les différents communiqués du cercle Front syndical sur le sujet depuis la Loi El-Khomri) mais soulignons en passant que demain c’est :

– les accords d’entreprises qui créeront une concurrence déloyale infernale au sein des branches professionnelles,

– la fin de la durée légale du travail et donc la fin des heures supplémentaires majorées,

– le « contrat de projet » qui va remplacer le CDI et qui est en fait un CDD sans les maigres avantages du CDD,

– la facilitation des licenciements sans justification,

– le plafonnement injuste des indemnités aux prud’hommes.

Le syndicalisme en 2017 et la démission des directions syndicales

Force est de constater qu’en 2017, le syndicalisme ne consiste plus à « gagner » de nouveaux droits mais à éviter d’en perdre: les syndicats ne sont plus qu’en position défensive. Et dans le cas présent, leurs réactions sont mitigées, peu mobilisatrices, divisées, alors que les salariés dans leur ensemble attendent une réaction forte, unitaire et sans sectarisme.

En 2016, lors des mouvements contre la Loi El-Khomri, Force Ouvrière était vent debout contre, et ce à juste titre. En effet, la loi El-Khomri dans son article 2 inversait la hiérarchie des normes, c’est-à-dire instituait la primauté des accords d’entreprise sur les accords de branches. Grâce aux mobilisations sociales de 2016, et à l’unité syndicale (moins la CFDT) qui prévalait à l’époque et dont faisait partie FO, une partie de la Loi El-Khomri a été battu en brêche.

Aujourd’hui, cette Loi Travail XXL est dans la continuité de la Loi El-Khomri : ce qui était vrai en 2016, l’est d’autant plus en 2017. Rien n’a changé, nous avons bien affaire à une loi de remise en cause du Code du Travail et qui fait primer les accords d’entreprises sur la loi.

La position de la direction confédérale de Force Ouvrière et de son Secrétaire Général, Jean-Claude Mailly est donc incompréhensible. D’ailleurs, plusieurs Fédérations comme celle des Transports, des Union Départementales n’acceptent pas cette prise de position qui va à l’encontre du combat syndical. Même mécontentement de la part de plusieurs militants syndicaux FO qui appellent sur les réseaux sociaux à participer aux actions et manifestations le 12 Septembre.

Rappelons au passage que le combat syndical c’est la défense des intérêts matériels et moraux des salariés, en toute indépendance à l’égard des partis politiques et du gouvernement, dont Force Ouvrière se réclame (Charte d’Amiens de 1906 qui fonde le syndicalisme français).

Alors que cherche Jean-Claude Mailly et le Bureau Confédéral de FO par cette décision iconoclaste ? La direction de FO confond-t-elle syndicalisme réformiste avec syndicalisme de compromission ? Cherche-t-elle à disputer ou à accompagner la CFDT sur cette ligne peu conforme aux intérêts des salariés ? Jean-Claude Mailly prépare-t-il sa reconversion, sachant qu’il passera la main au prochain congrès confédéral de FO qui se tiendra au mois d’Avril 2018 ?

Il est d’ailleurs assez étrange que la CFDT, qui a totalement accompagné la loi El-Khomri en 2016, se retrouve légèrement plus « critique » à l’égard de cette Loi Travail XXL. Peut-être essaie-t-elle d’adopter une stratégie moins conciliante, pour ne pas apparaître aux yeux de ses adhérents trop  favorable à une ligne d’accompagnement de mesures pas toujours très sociales.

Néanmoins il convient de ne pas oublier que parmi les organisations syndicales qui sont vent debout et appelle à manifester le 12 Septembre contre la Loi Travail XXL, CGT, SUD et FSU, leur directions, dans une schizophrénie des plus grandes, ont fait élire Macron, le candidat du Système, des banques et le chantre du mondialisme heureux. Alors que la candidate opposée, Marine Le Pen, proposait l’abrogation de la Loi El Khomri, son programme électoral ne comportait aucune remise en cause d’acquis ou de droits sociaux, bien au contraire, puisque dans les 144 engagements de campagne figuraient des dispositions allant dans le sens des intérêts des salariés.

La Loi Travail XXL est contraire aux intérêts du peuple de France

Pour créer des richesses, pour développer l’économie, dans une entreprise, certes il faut un Chef d’entreprise, un vrai capitaine d’industrie mais il faut aussi des salariés, « bien dans leurs baskets ». C’est un ensemble, un travail d’équipe. Hors depuis plusieurs décennies, le monde du travail régresse, les acquis sociaux reculent, le rôle même du travail dans l’entreprise est en question, et la souffrance au travail se développe de plus en plus, en particulier au niveau des cadres. Difficile dans ces conditions d’aller de l’avant et d’avoir une économie florissante. Et pourtant la France est un pays qui a des talents, qui sait innover. Le problème, surtout dans les grandes boîtes, c’est que l’on ne fait pas confiance aux salariés. Les décisions sont prises par des cadres sup déconnectés de la réalité et qui ne jurent que par des tableaux EXCEL et selon des critères financiers. Résultat : aucun talent ne peut émerger, l’immobilisme règne et le développement ne peut se faire. Notre économie, qui normalement devrait servir à produire des richesses pour la nation, dans l’intérêt du pays et de ses citoyens, ne sert que des intérêts apatrides et financiers, les fonds de pensions américains entre autre. On est passés d’une économie réelle, de développement (capitalisme industriel, progressiste au départ) à une économie virtuelle et financière (capitalisme financier), qui produit très peu de richesse, ou seul compte le bénéfice immédiat, le consumérisme, où la place de l’humain a peu d’importance. Cela conduit à transformer nos concitoyens en futur chômeurs, consommateurs.

Dans ces conditions, tout doit être « libéralisé » : les services publics, l’énergie… il faut en finir avec les monopoles publiques qui garantissent l’accès à tous dans de bonnes conditions et à des prix abordables. Il faut en finir aussi avec un Code du Travail qui garantit des droits sociaux élevés aux salariés, libéraliser le travail est l’objectif à atteindre pour mieux ubériser toute l’économie. Seul compte la « concurrence libre et non faussée » et le « marché » qui régulera tout. Evidement il y a un obstacle à cela : l’Etat-nation. La finance mondiale, et son bras armé qu’est l’Union Européenne, dans sa folle logique de politique ultra-libérale a donc besoin de remettre en cause tout ce qui fonde l’Etat-nation : c’est la fin des monopoles et services publiques, c’est la financiarisation de l’économie, c’est la fin des frontières, de la monnaie nationale, c’est la remise en cause de toute politique industrielle souveraine, c’est l’affaiblissement constant des Etats souverains. Dans ces conditions, La France, historiquement Etat jacobin, est particulièrement le modèle politique à abattre et en particulier notre système social français, issu de notre Histoire : Front Populaire, Conseil National de la Résistance et politique sociale gaulliste.

Au Front National nous sommes les seuls à défendre la souveraineté dans son ensemble. Elle ne se saucissonne pas, cela forme un tout : souveraineté économique, monétaire, budgétaire, législative et sociale.

Ainsi donc hier la Loi El-Khomri et aujourd’hui les ordonnances qui réforment le Code du Travail sont bien des déclinaisons d’injonction de l’Union Européenne qui ne vise qu’à détruire tout sentiment national. Il est donc de notre devoir, en tant que patriote, de combattre la Loi Travail XXL.

Ainsi le Front National a donc une ligne politique cohérente par rapport à cette loi d’un autre âge et nous devons prendre toute notre place dans un mouvement d’ensemble, qui doit être unitaire, sans sectarisme, et qui doit transcender les différents courants politiques.

Article également publié sur le site de Riposte Laïque .

Laurent Bras, Secrétaire Général du cercle Front syndical, SD adjoint du FN41

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